
«Ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons» – Victor Hugo
« On n’hérite pas la terre de nos ancêtres, on l’emprunte à nos enfants» – St-Exupéry
«Quand l’injustice fait loi, la résistance est un devoir» – Adam kokesh
«Ils ne sont grand que parce que nous sommes à genoux» – Étienne de La Boétie
En ce moment se livre un grand combat dans les rues, les Cégep et les Universités de la province. Des dizaines de milliers d’étudiant-e-s, de travailleurs/travailleuses, de profs se battent pour un monde meilleur, une société plus juste, pour un peuple plus éduqué. La Guerre se joue partout, des barricades humaines se dressent devant des ministères, des banques et des lieux économiques stratégiques. Une armée forte de 180,000 étudiants en colère arpente la province, crie au monde l’injustice dont nous sommes victimes, contre un gouvernement entêté, contre une police qui tabasse à grands coups de matraque et de grenades des manifestants et de puissants lobbys qui ne voient partout qu’un signe de $.
Jeudi soir, jour de reconduite de grève, c’est comme si mon bataillon avait fui. Resté au front avec une quinzaine de camarades, j’ai vu le reste de la troupe rebrousser chemin et abandonner leurs armes.
Ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’en fuyant vers l’arrière, elles/ils finiront par se faire tirer dans le dos. Par qui? Les recteurs, le conseil du patronat, les grandes entreprises, le gouvernement, l’argent.
Quand on sait que le gouvernement n’est pas dans le rouge (comme il aime bien nous le faire croire), mais que ses politiques favorisent la corruption, les inégalités de revenus, les grandes entreprises au détriment de sa propre population et qu’il pourrait instaurer de nouvelles politiques fiscales pouvant dégager 9G$/an (la gratuité scolaire coûterait moins d’un milliard!), tout citoyen(ne) se doit de faire un examen de conscience.
Dans quel monde voulons-nous vivre?
Commençons notre réflexion avec ce point de départ. Rien d’autre.
J’ai vu des inégalités. De l’injustice: Des grandes entreprises qui veulent cacher leurs sales besogne (voir le SLAPP contre Noir Canada), des bons amis à Charest qui réussissent à décrocher un juteux contrat pour des TBI dans toutes les classes du Québec, le gouvernement qui privatise le Nord, qui se met à genoux devant des grandes minières qui s’en mettront plein les poches sur le dos des contribuables. Un gouvernement qui n’a pas voulu enquêter sur la corruption (des choses à cacher?), un premier ministres qui s’est ingéré dans le processus de nomination des juges, et qui par dessus tout s’échine à faire payer la classe moyenne pour l’avarice du marché des finances: un budget d’austérité où on renfloue les coffres de entreprises, et où les étudiant-e-s n’ont même pas de miettes, où la santé est financée à l’aide d’une mesure régressive dite «cotisation santé», payée 200$ peut importe si on fait 20,000 ou 200,000$/an.
J’ai aussi vu des policiers crever un oeil, casser des bras, arrêter des personnes innocentes et coffrer des journalistes, battre impunément des protestataires pacifiques, et tout ça sans qu’un(e) élu(e) ne lève le petit doigt.
Les diplômés ont déjà de la difficulté à rembourser leurs prêts d’études, le niveau d’endettement explose, la grogne populaire commence à faire trembler le plancher des bureaux ministériels. Depuis le début du mouvement «Occupy», le peuple se réveille et la pression monte sur le gouvernement. Encore aujourd’hui, une importante frange de la population se nourrit de Journal de Montréal, de radio-poubelles et de V Télé.
À moins d’être sourd et aveugle à tout ce qui se passe autour, les gens finiront par comprendre qu’ils se font fourrer à tour de bras jour après jour par des patrons, par des élus. Leurs impôts servent à financer un train de vie princier de gens qu’ils n’ont jamais rencontré et qu’ils ne rencontreront jamais, on achète en leur nom des armes qui se rendront à l’autre bout de la planète et qui finiront par tuer des innocents comme vous et moi, que le prix du pétrole qu’ils mettent dans leurs voitures jour après jour est fixé par un tout petit club très sélect de riches qui n’ont pas de comptes à rendre à personne.
Ils n’ont plus personne de leur côté, même les syndicats leur en passent des petites vites de temps en temps.
Au moins, quand on se présente aux urgences, on peut encore se faire soigner sans sortir sa carte de crédit. C’est l’un des derniers acquis sociaux qui nous reste, mais qui est en péril à cause de nos élus et des entreprises privées qui commencent à construire en PPP.
J’ai pas envie que mon pays devienne comme la GB sous Tatcher, où les caméras de surveillance poussent comme de la mauvaise herbe, où des milliers de gens ne peuvent s’instruire à cause d’une hausse massive des frais de scolarité. Je vois noir, j’ai l’impression que le gouvernement me considère (NOUS considère) comme des nuisances plutôt qu’une force positive de changement. 200,000 personnes dans la rue, c’est rien? On est pas des citoyens? On est pas les futurs citoyens de demain?
Ça fait deux ans qu’on fait signer des pétitions, qu’on fait des actions symboliques, qu’on manifeste. Depuis deux mois, on fait la grève, plus le choix, il n’y a rien d’autre qui fonctionne! Et jeudi soir, mon bataillon a fui devant l’ennemi. Ils ont fui le sourire aux lèvres, avec des applaudissements et des cris de joie, me laissant avec mes camarades anéantis par leur gaieté. Ces futurs profs, qui devront enseigner l’engagement citoyen aux enfants, leur inculquer des valeurs de solidarité et de respect, on applaudi et ont crié de joie en entendant la non-reconduction de la grève. Quand on sait toutes les conséquences que cette hausse, et plus encore, que notre système économique aura sur le futur de notre société, comment peut-on se réjouir de ça??? Est-ce par ignorance? Ces temps-ci, on situe la force du mouvement étudiant par le nombre de grévistes. -1200 jeudi soir. Ouch.
Ne rien faire, plier l’échine, c’est jouer la game du gouvernement et de ses amis. On nous répète ad nauseaum que l’opinion de tous doit être respectée, je m’excuse d’avance, je ne suis plus capable de supporter l’ignorance crasse et le nombrillisme, je ne souhaite qu’un monde plus solidaire et plus engagé, un exemple de justice et de liberté. Actuellement, il y a un frisé au parlement qui ne semble pas être du même avis.Va falloir l’aider un ti-peu, je crois.
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